Le cannabis médical vient de débuter en France

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L’usage du cannabis médical est répandu dans nombreux de pays du monde. La France a longtemps fait partie des pays réticents au sein de l’Union Européenne. Plusieurs années après les premières autorisations, l’Hexagone décide de franchir le pas. Où en sont les recherches ?

Une phase expérimentale de 2021 à 2023

Le 26 mars 2021 marque le lancement en France de l’expérimentation relative au cannabis médical. Un démarrage qui s’est traduit par la première prescription de cannabis pour un usage médical. Pour venir au bout des deux ans d’étude prévus, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé ou ANSM a présélectionné trois mille patients ainsi que deux cent quinze structures volontaires. Selon le ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran, l’expérimentation se donne pour objectif de recueillir les premières données françaises sur l’efficacité et la sécurité du cannabis à des fins thérapeutiques. Elle prépare en parallèle les circuits de mise à disposition.

Des faits de plus en plus récurrents ont poussé le milieu médical et les autorités publiques à franchir le pas :

- certaines situations cliniques où le soulagement apporté ne suffit plus

- des patients intolérants aux médicaments disponibles

Toutefois, le cannabis médical devrait être prodigué en complément des médicaments, sans les remplacer pour reprendre les propos du professeur Authier, médecin psychiatre et pharmacologue au CHU de Clermont-Ferrand. Ainsi, les sujets retenus présentent les états pathologiques suivants :

- douleurs neuropathiques réfractaires aux thérapies accessibles, médicamenteuses ou non

- certaines formes d'épilepsie sévères et pharmaco résistantes

- certains symptômes rebelles liés au cancer ou à ses traitements

- situations palliatives

- spasticité douloureuse de la sclérose en plaques ou des autres pathologies du système nerveux central

Au cours de l’expérience, le cannabis dit médical est administré sous forme d’huile pour voie orale et de fleurs séchées pour inhalation après vaporisation.

Une étude dirigée par l’ANSM

L’ANSM ou Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé est l’acteur public qui autorise l’accès aux produits de santé en France. Cette entité garantit la sécurité ainsi que l’intégrité d’un produit, tout au long de son cycle de vie.

L’ANSM supervise dès lors les essais suivant un protocole strict. Un comité scientifique pluridisciplinaire assure la mise en œuvre pratique de l’expérimentation ainsi que son évaluation et il peut intervenir à tout moment.

Les professionnels de santé issus des structures évoquées, ont suivi une formation obligatoire et sont également tenus de remplir les conditions suivantes :

- les médecins participent volontairement à l’expérimentation

- les ordonnances sont délivrées exclusivement par ces médecins

- les médecins libéraux dûment formés et volontaires peuvent effectuer un suivi des patients

- les consultations médicales doivent avoir lieu au moins une fois par mois pour renouveler l’ordonnance

- les médecins impliqués doivent suivre leurs patients sur au moins six mois. Cependant, un patient ne peut brutalement se retirer de l’expérimentation. Les consultations enrichies des avis du médecin doivent éclairer la décision libre et légitime de l’examiné de poursuivre ou non la démarche.

Quid des acteurs de la filière ?

Les acteurs de la filière française du cannabis se sont vus déstabilisés par l’arrêté du 31 décembre 2021 autorisant la culture, l’exportation et l’utilisation industrielle et commerciale de seulement certaines variétés de cannabis. Une décision qui exclut les feuilles à fumer ou à infuser à la vente et contraint les acteurs aux seuls produits cosmétiques, aux compléments alimentaires ainsi qu’aux cartouches à vapoter. En parallèle, ces acteurs ont pour interdiction stricte de revendiquer les propriétés médicinales de leurs produits.

Une décision déboutée par le Conseil d’État en janvier de l’année suivante et qui vient suspendre l’interdiction à la vente des feuilles à fumer et à infuser en attendant les premiers résultats de l’étude. Par ailleurs, la législation actuelle exige une teneur en tétrahydrocannabinol ou THC inférieure à 0,3 % pour tout produit à base de plant de cannabis. Cette molécule est reconnue comme responsable des effets psychotropes. À ce jour, seul l’Epidyolex qui contient du cannabidiol ou CBD est autorisé comme médicament en France. Il est prescrit pour traiter un cas spécifique de crise d’épilepsie.

Quels fournisseurs ?

Six fournisseurs ont été au total retenus pour l’expérimentation suite à appel à candidatures lancé par l’ANSM. Un cahier des charges strict et exigeant en rapport avec les bonnes pratiques de culture et de fabrication a été établi en collaboration avec des laboratoires de contrôle, eux-mêmes assistés des experts du Comité scientifique pluridisciplinaire.

Contre-indications ?

Les médicaments étant à base de THC et de CBD, leur prescription a été formellement exclue dans les situations comme :

- un risque de troubles cardiovasculaires élevés chez le patient

- un sujet présentant des antécédents majeurs de troubles cardiaques ou cérébro-vasculaires sévères comme une insuffisance cardiaque par exemple

- un patient souffre ou a souffert de schizophrénie ou de graves troubles d’anxiété

De façon générale, la prise de cannabis thérapeutique est contre-indiquée pour les cas de :

- insuffisance hépatique sévère

- atteinte biologique prédictive

- insuffisance rénale sévère

- grossesse et allaitement

Mots clés: cannabis médical France
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